
Par le père Paul Royet
Dieu a mis son corps entre nos mains.
Nous n’aurons jamais fini d’entrer dans la profondeur de ce mystère et de nous en laisser transformer de l’intérieur !
Dieu qui nous a créé et qui nous a donné la vie, se fait totalement dépendant de nous.
La puissance de Dieu, la puissance de l’Amour de Dieu se dit dans son total abandon entre les mains de sa créature. Vertigineux ! Renversant !
Renversant toute logique humaine il nous ouvre le chemin à prendre pour trouver la Vérité et la Vie.
Il nous faut passer des heures et des heures devant le bébé de la crèche
pour entrevoir la force de Dieu.
Il nous faut passer des heures et des heures devant la crèche à contempler les mains de Marie et de Joseph s’occupant de Jésus. Le langer, le nourrir, le laver, le caresser, le bercer… pour entrevoir l’abandon total de Dieu entre nos mains.
Il nous faut passer des heures et des heures devant la crèche à contempler la paille, à sentir les odeurs des animaux présents pour entrevoir l’humilité de celui qui vient nous rejoindre dans tous les domaines de notre vie humaine, excepté le péché.
Ce corps couché dans la paille
Ce corps remis entre les mains humaines de Marie et Joseph, c’est ce même corps que je reçois dans mes mains lorsque je viens communier. Vertigineux !
Adolescent à Nuits St Georges, le père Alfred Ratel ne cessait de me dire, de nous dire, avec son plus beau sourire : « Tu te rends compte c’est mes mains qui tiennent le corps de Dieu » et il ajoutait « mes pauvres mains, regarde-les, ce sont elles qui reçoivent le corps de Jésus. C’est dans mes mains toutes ridées qu’Il vient ! »
Je n’ai jamais cessé de penser à ses mots, il m’a ouvert au mystère de
l’Incarnation et de l’Eucharistie.
À chaque fois que nous allons communier et que nous tendons les mains pour recevoir son corps, nous revivons le mystère de Noël, le mystère de l’Incarnation. Dieu a mis son corps entre nos mains.
En ce début d’année 2026, je vous souhaite d’entrer davantage dans ce grand mystère de l’Incarnation et de vous laisser rejoindre par celui qui s’est fait dépendant de chacune de ses créatures.
Père Paul Royet

